Le royaume Bambara
de Ségou


  Les habitants les plus anciens de la localité sont les Bozo-Somono pêche. Au 12 ème siècle sont venus les soninkés. Au 13 ème siècle sont arrivés les malinkés. Vers le 16 ème siècle, les bambaras sont arrivés. Toutes ces communautés ont vécu jaloux de leur liberté, n'arrivant pas à former une société homogène et politiquement bien organisée.

  Plus tard, au 19 ème siècle sont arrivés les Toucouleurs et les français. Vers 1600, des bambaras venus de Djenné, conduit par KALADJAN KOULIBALI se fixèrent le long du Niger. Ils se mêlèrent aux populations. KALADJAN, sabre au point, se tailla une chefferie qui constitua l'embryon du royaume jusqu'en 1680.

  Le fils de KALADJAN, DANFASSARI s'installe à Ségou-Koro où il bâtit sa cité le long du fleuve. SOUMA, le fils de Danfassari eut trois enfants dont deux garçons; MAMARI, l'aîné des garçons était très fort et prodigieusement adroit. Il devient le chef de sa classe d'âge (Bi-Ton). Il sème la terreur dans les environs, arme ses gens, organise un appareil militaire et jette les bases de l'état bambara.

Mosquée de Biton

 Mosquée de Ba Sounou Sacko, Mère du Roi Biton Mamary Coulibaly (est située à Ségoukoro à 15 Kms de la ville de Ségou). Cette mosquée à 200 ans. Elle est d'un style comparable a celui de Djenné.

  Le vrai fondateur du royaume de SEGOU est Biton MAMARI KOULIBALI qui a régné plus de 40 ans. Il est mort en 1755.

La tombe de Biton
La tombe, située à Ségoukoro, fut restaurée en 1940.
Le vestibule de Biton

  Le premier fils de Biton, DIEKORO, prince cruel et orgueilleux a succédé à son père de 1755 à 1757. Il aurait enterré dans les fondations du tata 60 garçons vivants et enseveli dans les crépis du tata 60 filles vivantes pour assurer l'indestructibilité du tata. Cette cruauté expliqua son étranglement par les chefs militaires de son armée après une révolte et le bannissement de sa famille par la communauté.

  Son second fils, ALI (BAKARI ?) n'a régné qu'un laps de temps, parce qu'il a été victime d'un complot également ourdi par les chefs militaires : à son accession au pouvoir, il a officiellement invité ses sujets à l'islam; ce qui déplut; on a décidé de "changer la semence royale". Il n'est resté de la famille que deux filles.
 

  Des chefs militaires, des anciens esclaves parvenus par le fait des armes sont la " nouvelle semence " ayant accédé au pouvoir malgré l'aristocratie bambara qui regrettait déjà son acte. Cette usurpation de pouvoir marque la fin du règne de la famille KOULIBALI. SEGOUCOURA, l'ancienne capitale, est abandonné à cause des batailles autour du trône. TON MANSA a régné 1757 à 1760; il est mort en campagne contre Konguéré (Miankala) à l'époque en révolte contre le pouvoir de SEGOU. NGOÏ était sa capitale. Son rival, KANOUBA NIOUMA, lui succède de 1760 à 1763. Il est mort d'une maladie de nerf.
  De 1763 à 1766, KAFA DIOUGOU a succédé à Kanouba Niouma. Il est mort mystérieusement. Après Kafa Diougou, deux chefs de guerre se sont disputé le pouvoir pendant deux ans: Ngolo DIARRA et Nankoroba Nzanké.
  Ngolo a eu le dessus, mais il dût lutter pendant quatre années de guerre civile contre des KOULIBALI qui le considèrent comme un usurpateur. Par un complot astucieux de son premier fils NDJE contre les nobles, il réussit à se faire reconnaître comme roi. Il installe sa capitale à SEGOU(actuelle capitale régionale).
  

  Désormais SEGOU vit le règne de la famille DIARRA jusqu'à l'arrivée des Toucouleurs.

   NGOLO DIARRA, le fondateur de la dynastie a régné de 1770 à 1790. Il repartit le commandement du royaume entre ses fils : NDJE, l'aîné, commande à Bambougou; MONZON, le second, à Mpéba; NIANZON, à Bia; SENI, à Nzogofina; NIANKORO, à Ségou-Koro; DIAKELE, à Kiranko; le plus jeune, MPENE MAMOUROU secondait le père à SEGOU. Ngolo est mort en campagne contre les mossi à Riziam (Ouayigouya) dans l'actuel Burkina Faso.
NDJE étant mort avant son père ne régna pas. Il avait creusé à Bambougou où il résidait un canal qui permettait à l'eau du fleuve Niger de couler sous ses murs.
  Le second fils de Ngolo, MONZON, lui succède en 1790. Il est le véritable organisateur de royaume bambara de SEGOU. Son frère Niamkoro qui lui conteste le pouvoir est arrêté à Segou-koro avec deux de ses frères. Monzon meurt en 1808. A sa mort, MONZON a laissé trente cinq enfants dont douze garçons en âge de régner: DA (1808-1827) , TIEFOLO(1827-1840);NIANAMBA; KIRANGO BA(1840-1848); de 1849 à 1851 NALENKOMA (9 mois); MASSA DEMBA (1851-1854); BINAMARI dit TOROKORO MARI (1854-1855) et OFTALA ALI (1855-1861).

  TOROKORO MARI, à la suite d'une mésentente, attaque son frère KEKE MARI installé à Massala. Celui-ci se défend et renverse la situation en sa faveur. Torokoro Mari est traîné attaché par le cou dans les rues de SEGOU ; puis une pierre au cou, il est jeté dans le fleuve. Entre Massa Demba et Bina Mari, BAFING dit Fissa Nango ne régna pas; entre Tiéfolo et Kiranko ba, Nianamba meurt avant de régner.
  C'est sous le règne de OFTALA Ali que le Marabout Toucouleur conquiert SEGOU EN 1861. Ali est pris au Macina où il avait fuit et est exécuté en 1962.
Après son entrée le 10 mars 1861, El HADJ OUMAR TALL invite à la conversion à l'Islam. Il entoure SEGOU de fortification. Avant de quitter Ségou, le 13 avril 1862, pour la conquête de Tombouctou qu'il n'a pu atteindre, il confie le pouvoir à son fils AHMADOU, qui pendant tout son règne s 'est battu contre l'aristocratie bambara d'une part et contre les contestations de ses frères, Aguibou, Moctar, Mountaga, Moustapha, d'autre part.
  
  Devant la menace française, il confie le pouvoir à son fils Madani et se rend à Nioro en 1884.
  Le commandant ARCHINARD met en fuite Madani et entre à SEGOU le 06 avril 1890 vers 15 heures, à la hauteur de Soninkoura ( hauteur du Lycée Cabral ). La prise de SEGOU par les français comble de joie les bambaras. Archinard rétablit au pouvoir KéKé Mari. Celui-ci à la suite d'un complot qui échoue, est passé par les armes, parce qu'il a voulu assassiner le résident français et son rival Bodian afin de garder seul le pouvoir.
  
  Le 11 mars 1893, le commandant Archinard revient à SEGOU (de Nîoro); il érige la résidence du cercle et le commandant BONNACORSI en devient le premier administrateur le 13 avril 1893.
  

  L'urbanisation de la ville débute en 1895, après que les quartiers contemporains de Ngolo et de Hadj Oumar soient cassés.